Pauline Brun
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ÉTALON PAR DÉFAUT - vidéo

vidéo • Salon de Montrouge

vidéo, environ 2h / Série de x actions performatives dans un espace semi clos, pour x objets et matériaux et une performeuse
conception, scénographie, performance Pauline Brun / captation et mastering son Diane Blondeau / assistante Valérie Castan / remerciements Jean de Sagasan, Diane Audema, Clara Stengel, Camille Le Chatelier, Oriol Nogues / en collaboration avec workspacebrussels, le CN D Pantin, les Laboratoires d’Aubervilliers, le Salon de Montrouge et le MAC VAL
Moquette, porte, chatière, scotch, coussin, couverture, tapis de yoga, tissus, bulle, mousse, mousseline de soie, voile, caoutchouc, plastique, cuir, chaise pliante, perruque, chaise à roulettes, bombes de peinture, gants


Un décor pose le cadre de la vidéo. Murs blancs, linoléum gris, une porte à gauche trop petite pour le corps.
Dans cet espace, une succession d’actions se déroulent. Combinaisons entre le corps et divers objets et matériaux charriés.
Dérouler un tapis, poser un scotch, ouvrir une chaise, se dissimuler sous une surface, avancer sur une chaise à roulette, traverser le mur, franchir une ligne. L’action est un prétexte. L’enjeu dérisoire et insensé apparait d’emblée absurde. Dans cette écriture, je m’intéresse aux détours et subterfuges adoptés, soit les échecs, les ratés, les imprévus ou les accidents et donc tous les réajustements et négociations que ceux-ci impliquent.
Je tente, recommence donc autant de fois que nécessaire. Le temps dont j’ai besoin et les situations produites ne sont jamais identiques. La situation m’échappe. Le corps vulnérable se fait matériaux. Il active les objets et l’espace qui, comme dans un refus de se plier, le manipulent eux aussi. Dans un rapport d’équivalence, ils sont mesures, poids, consistances. La matérialité de chacun est alors mise à l’épreuve comme pour en mesurer leurs limites particulières. Recommencer, refaire, ré-expérimenter, et aussi donc, revoir. Ces tâches très concrètes sont des moyens de saisir des images. La situation s’étale dans la durée ou bien se répète, et propose alors des transformations, des micro-narrations et figures. Les images se construisent - un animal rampant, une arme à feu, un dompteur, une limace, un jockey en pleine course - et se défont presque immédiatement.
La vidéo s’expérimente dans la durée. Le plan séquence d’une vingtaine de minute, répété 7 fois, forme une vidéo d’environ deux heures.

extrait © Pauline Brun